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Un bon plan, c’est bien. Mais deux bons plans, c’est mieux. Et ensuite d’avoir les moyens de ne pas tomber amoureux de ses plans, et d’anticiper tout ce qui pourrait clocher, c’est encore mieux. Aussi, étant donné que j’aime beaucoup réussir à faire ce que je veux et que ça se passe bien, je passe souvent beaucoup de temps à planifier.

Planifier, c’est moins fatiguant que de devoir gérer les imprévus et leurs répercussions. Planifier, c’est même tellement reposant que ça en devient un peu ennuyeux : tout se passe toujours bien, au final, et on arrive toujours à nos fins sans trop de stress. D’ailleurs si vous préférez les galères et les aventures inutiles, passez votre chemin 😉

Un bon plan, en réalité, c’est 4 plans.

Le plan principal : P

Le plan principal, en gros, c’est cette chose que plein de gens ne font même pas. Un objectif clair et bien circonscrit, des délais, des moyens, des méthodes, des outils… bref, un plan. Mon objectif est de faire ceci, je prévois un temps pour y arriver, je fixe une deadline, des moyens adaptés (en matériel, en ressources, en argent, etc.).

Le plan alternatif : A

Le plan alternatif, c’est un deuxième plan pour atteindre le même objectif. Je prends le temps d’en faire un deuxième, oui. Et ensuite je choisis le meilleur des deux. Si on bosse en équipe, je vais globalement demander à la moitié de l’équipe de bosser chacune sur un plan isolément, et ça me donnera donc DEUX plans. On pourra même en discuter et faire un hybride, au final, mais bref. J’ai plus de plans que de problèmes, déjà.

Le plan de contingences : C

Les contigences, c’est tout ce qui peut venir influer sur mon plan. Tout ce qui peut me mettre des bâtons dans les roues. Tous les petits problèmes, les intéractions entre les parties du plan, et les trucs qui peuvent aller de travers. J’essaie d’en lister un maximum, avec également tous les risques potentiels (que j’analyse avec la méthode éprouvé « probabilité x gravité »), etc. A cette étape de la planification, je me demande « qu’est-ce que je fais si… ». Je passe en revue chaque étape de chaque plan, et je me pose les questions qui fâchent. J’essaie moi-même d’anticiper tout ce qui peut arriver de travers, et je liste les solutions à l’avance. Souvent aucun matériel ne sera nécessaire pour gérer ces contigences, mais parfois si. Et donc je prévois le matériel, le temps, les ressources diverses.

Le plan d’urgence : U

Le plan d’urgence, c’est le plan où j’abandonne l’objectif initial, pour me rabattre sur un plan de survie. Le but n’est plus de faire ce que je comptais faire. Le plan est désormais de survivre. Et évidemment, pour ça, j’aurai besoin de solutions, de savoir-faire, de matériel, et de tout un tas de choses que je dois aussi anticiper. La gestion d’une situation de survie en randonnée, par exemple, est exactement de cet ordre là : le but n’est plus d’aller faire tel sommet ou de voir tel lac. Le but change et désormais il s’agit de survivre et (à terme), de rentrer entier.

Même fait imparfaitement, un bon PACU évite énormément de problèmes inutiles

Il y a déjà bien assez de problèmes imprévisibles, d’incertitude et de trucs à gérer, dans la vie. Le fait de planifier permet de se concentrer sur ces choses-là, et aussi sur toutes les belles choses qu’on peut rencontrer sur notre chemin. Y réfléchir en amont permet de se libérer l’esprit et de profiter de la vie et du voyage 😉

Même si cette planification n’est pas parfaite (elle ne l’est jamais), le simple fait de prendre un temps pour y réfléchir évitera déjà beaucoup d’erreurs grossières et d’accidents stupides. Evitez les Darwin Awards : faites un PACU.